Gardien de but

 

         
Gardien de but félin, il possédait une détente exceptionnelle et des réflexes sur sa ligne de haute volée. Désigné par les spécialistes comme un des dix meilleurs gardiens africains de tous les temps, il possédait un caractère bien trempé, une autorité naturelle et un sacré bagage intellectuel (études d'ingénieur).
         
 
           
NOM :   BELL
Prénom :   Joseph-Antoine
Né le :   8 octobre 1954 à Mouandé (Cameroun)
     
    Taille : 1.82 m
Poids : 78 kg
           
 
International Cameroun A
 50 sélections
 
         
         
Au club de :   Juillet 1989 à Juin 1991
     
En provenance de :
  SC Toulon
     
Club suivant :   AS Saint-Etienne
     
     
BILAN STATISTIQUE
         
  85
    -
Matches :   Buts :
     
         

 

Après une riche carrière en Afrique (Eclair Douala, Oryx Douala, Prison's Buea, Union Douala, Africa Douala, Union Douala, Arab Contractors) où il commença à fréquenter la sélection du Cameroun dès 1979, Joseph-Antoine Bell rejoignit la France et le Sud (Marseille, Toulon).

 

Dans le cadre de la reconstruction des Girondins durant l'été 1989, les dirigeants bordelais pensèrent à lui pour succéder à la légende Dominique Dropsy qui devint sa doublure.

 

Son histoire chevaucha celle de Thomas NKono en une irréductible rivalité. Si Nkono, révélé lors du Mundial 82, fut le premier gardien noir africain à faire une carrière professionnelle en Europe, Bell, qui prit la succession de l'ancien gardien de l'Espanol, disputa les Coupes d'Afrique suivantes, remportant notamment celle de 1988. Mais NKono lui prit à nouveau la place lors du Mondiale 90.

 

Malgré tout il s'imposa dans le championnat de France comme un gardien spectaculaire et fiable. Il termina notamment deuxième au Ballon d'or africain en  janvier 1990, derrière George Weah. Après une brillante première saison sous les ordres de Raymond Goethals, il est embarqué par le terrible tourbillon de la rétrogradation administrative en D2. Mais il tint la barre solidement, incarnant la sérénité au sein de la formation de Gérard Gili.

 

Ne souhaitant pas jouer en D2, il quitta Bordeaux pour achever sa carrière à Saint-Etienne où il connut "un séjour sympa", selon ses souvenirs, en dépit de résultats mitigés. A l'aube de ses 40 ans, il raccrocha définitivement les gants.

 

 

Un triste retour...

 

Le 14 avril 1990, Marseille et Bordeaux étaient au coude à coude pour l'obtention du titre de champion de France. Joseph-Antoine Bell, gardien de but des Girondins, revenait sur les terres de ses exploits olympiens. Adulé par les supporters marseillais durant son passage de 1985 à 1988, le gardien camerounais fut l'objet de menaces, d'insultes et de jets de bananes pour son retour au Vélodrome.

 

Ces retrouvailles tristement pathétiques n'entamèrent ni le talent de ce gardien spectaculaire ni sa justesse d'analyse. Il mit la pression sur le président de la Fédération de l'époque, Jean Fournet-Fayard, pour qu'il prenne des mesures. Il posa sur la place publique avec un discours mesuré et intelligent le problème du racisme dans les stades français longtemps occulté.

 

" Ce soir, je n'ai jamais eu peur. J'ai simplement eu honte. Je ne pensais pas que des êtres humains pouvaient tomber aussi bas. Mon fils a cinq ans et, quand je vais rentrer à la maison, il va me demander " Dis, papa, pourquoi il y avait des bananes devant tes buts ? " Que vais-je lui répondre? "